Cet ouvrage au titre provocateur trainait au bureau, je l'ai donc emporté ce week-end pour le lire dans le TGV. Mon a priori était plutôt négatif car j'avais vu une interview de Sylvie Brunel, son auteur, sur Dailymotion. Mes premières craintes étaient fondées: propos racoleurs, raccourcis logiques, citations hasardeuses des chiffres... Elle affirme tout de même qu'il n'y a plus que 20% de pauvres dans le monde, ce qui est le nombre d'être s humains vivant avec moins de 1 dollar par jour. Les 2 autres milliards d'individus qui vivent avec moins de 2 dollars doivent être heureux de se retrouver parmi les nantis!
Pourtant, au fil des chapitres, certains de ses arguments font mouche. L'intérêt de son propos est de rappeler que la nature ne mérite d'être protégée que parce qu'elle sert l'homme. Arrêtons d'idéaliser, de diviniser la planète. Le développement durable n'a de raison d'être que s'il permet aux plus pauvres d'améliorer leurs conditions d'existence.
Son ouvrage a également le mérite de dénoncer le catastrophisme ambiant. Ce n'est pas en passant en boucle des images d'ouragans et d'inondations que l'on va expliquer honnêtement les enjeux pour le développement des générations futures. Ceci est d'autant plus vrai pour le réchauffement climatique, qui focalise toutes les craintes car les incertitudes sont les plus grandes. Avec raison, Sylvie Brunel se demande s'il est véritablement raisonnable d'engager des montants colossaux pour tenter de l'enrayer. Le carbone ne peut pas être l'alpha et l'oméga des politiques de développement durable. Chercher à réduire progressivement nos émissions de gaz à effet de serre semble plus raisonnable, tout en aidant les populations les plus exposées à faire face aux bouleversements du climat.
Sylvie Brunel a manifestement un compte à régler avec les bobos et leur mode de vie qu'elle dénonce à longueur de page. Mais lorsqu'elle ne se laisse pas gagner par l'aigreur, elle se fait finalement l'avocat du développement durable, vu comme la nécessité de repenser nos modes de production pour permettre aux 9 milliards d'individus qui peupleront la planète en 2050 de vivre dignement. Sur le fond, nous sommes bien d'accord. Nous ne réussirons pas à assurer un développement véritablement durable au plus grand nombre en se contentant d'apposer des labels écologiques sur nos produits et en compensant nos émissions de gaz à effet de serre. Surtout, ce n'est pas en ayant peur des pauvres que nous sauverons la planète, qu'ils soient chômeurs dans les pays du Nord, ouvriers en Chine ou migrants à nos frontières. Ce n'est pas le poids de notre culpabilité de pollueur qui nous permettra de prendre les décisions les plus rationnelles, mais bien au contraire notre optimisme et notre humanité de citoyen du monde.
Pourtant, au fil des chapitres, certains de ses arguments font mouche. L'intérêt de son propos est de rappeler que la nature ne mérite d'être protégée que parce qu'elle sert l'homme. Arrêtons d'idéaliser, de diviniser la planète. Le développement durable n'a de raison d'être que s'il permet aux plus pauvres d'améliorer leurs conditions d'existence.Son ouvrage a également le mérite de dénoncer le catastrophisme ambiant. Ce n'est pas en passant en boucle des images d'ouragans et d'inondations que l'on va expliquer honnêtement les enjeux pour le développement des générations futures. Ceci est d'autant plus vrai pour le réchauffement climatique, qui focalise toutes les craintes car les incertitudes sont les plus grandes. Avec raison, Sylvie Brunel se demande s'il est véritablement raisonnable d'engager des montants colossaux pour tenter de l'enrayer. Le carbone ne peut pas être l'alpha et l'oméga des politiques de développement durable. Chercher à réduire progressivement nos émissions de gaz à effet de serre semble plus raisonnable, tout en aidant les populations les plus exposées à faire face aux bouleversements du climat.
Sylvie Brunel a manifestement un compte à régler avec les bobos et leur mode de vie qu'elle dénonce à longueur de page. Mais lorsqu'elle ne se laisse pas gagner par l'aigreur, elle se fait finalement l'avocat du développement durable, vu comme la nécessité de repenser nos modes de production pour permettre aux 9 milliards d'individus qui peupleront la planète en 2050 de vivre dignement. Sur le fond, nous sommes bien d'accord. Nous ne réussirons pas à assurer un développement véritablement durable au plus grand nombre en se contentant d'apposer des labels écologiques sur nos produits et en compensant nos émissions de gaz à effet de serre. Surtout, ce n'est pas en ayant peur des pauvres que nous sauverons la planète, qu'ils soient chômeurs dans les pays du Nord, ouvriers en Chine ou migrants à nos frontières. Ce n'est pas le poids de notre culpabilité de pollueur qui nous permettra de prendre les décisions les plus rationnelles, mais bien au contraire notre optimisme et notre humanité de citoyen du monde.
3 commentaires:
Je n'ai pas lu cet ouvrage donc mon commentaire devra sans doute être relativiser.
Je suis d'accord sur le fait que nous oublions souvent que le développement durable à vocation à permettre aux plus pauvres d'atteindre un niveau de vie "digne" et à moyen terme à permettre à 9 milliards de personnes de vivre ensemble avec une quantité de ressources limitée.
Cependant je ne comprends pas la dénonciation du mode de vie des "bobos" et des autres personnes s'engageant à consommer de façon responsable (car il n'y a pas que les bobos!). Je trouve cela contradictoire avec la volonté de changer les modes de production de façon profonde! En effet, pour moi la consommation est un "vote" citoyen qui permet de pousser les industriels et les politiques à prendre en compte ces enjeux. Consommer de façon responsable (produits biologiques, équitables, éco conçus) c'est reconsidérer non seulement nos modes de vie mais aussi nos modes de production (ou encore nos modes d'approvisionnement et de distribution etc.)
Oui bien sûr, on ne va pas reprocher aux consommateurs d'acheter des produits verts. Je suis dans l'ensemble plutôt d'accord avec ta remarque mais je pense qu'il faut reconsidérer la portée réelle de tous ces écoproduits. Concrètement, ils sont meilleurs que leur équivalent traditionnel, mais est-ce suffisant? Surtout, remettent-ils fondamentalement en cause nos modes de production et de distribution? La plupart des fruits et légumes bio sont importés et pré-emballés, où est le bénéfice écologique? Là où Sylvie Brunel a raison, c'est qu'elle pointe le désengagement auquel nous invite tous nos actes de consommation écocitoyens. Nous sommes culpabilisés sans cesse pour notre consommation irresponsable, nous nous rachetons donc une conscience à bon compte.
Personnellement je vois mes actes de consommation responsable comme un engagement et non un désengagement pour soulager ma conscience... Par contre le lait bio vendu dans des bouteilles en plastique, ça me fait bondir de rage !
Par ailleurs, on peut acheter bio (ou respectueux de l'environnement car tous n'ont pas les moyens de payer la certification) à un petit producteur sur un marché, c'est encourager un différent mode de production (local) et de distribution...
Il faut aller plus loin , je suis d'accord, mais il faut bien commencer quelquepart!
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